samedi 23 avril 2011

21 avril 2011 : arrivée à Hanoi

Nous avons été accueillis par notre jeune et sympathique guide Quang ainsi que par notre chauffeur Son à l’aéroport d’Hanoi. Le vol est arrivé à l’heure prévue, soit vers 22h.
Après plus de trente heures de vol et d’attentes aux aéroports de Toronto, Vancouver et Séoul nous n’avions alors qu’un souhait : nous rendre le plus rapidement possible à notre hôtel pour une bonne nuit de repos.
Notre journée de découverte en profondeur de Hanoi débutait dès 9h le lendemain.
Le programme était très chargé pour des voyageurs ayant à combattre un décalage horaire de 11h.
Les principaux monuments et sites d’intérêts étaient au programme.
Avant de prendre le train de nuit pour Lao Cai, nous avons terminé cette journée par une petite ballade en cyclo-pousse à travers les rues du quartier des trente-six guildes.











mardi 19 avril 2011

C'est un départ !


« Il n’y a pas d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie ». Lamartine


Voilà, le jour tant attendu est enfin arrivé.

Nous allons maintenant vivre le voyage que nous avons imaginé au cours des derniers mois.

Ce premier voyage en Asie saura-t-il répondre à nos attentes ?

Chose certaine, ce sera le plus grand dépaysement auquel nous aurons été confronté jusqu’à maintenant.

Nous avons bien l’intention de nous fondre le plus possible dans cette culture orientale si différente de la nôtre et d’en retirer le plus d’enseignements possibles.

Ce voyage, plus que tout autres que nous avons réalisé, à le potentiel d’enrichir notre cheminement et de transformer notre vision du monde.

Nous vous invitons à suivre nos aventures au cours des cinq prochaines semaines. 

Nous tenterons de mettre à jour ce blog le plus régulièrement possible en y publiant nos meilleures photographies. 

Comme disait Yvon Deschamps «Le monde veut pas savoir, le monde veut voir».

Hanoi est notre prochain rendez-vous, mais d’ici là, un long, très long trajet nous attend.

À bientôt !

XXXXX

Marie et Pierre

jeudi 7 avril 2011

Moins de deux semaines et puis l’aventure ….

L’excitation grandit. Nous venons de recevoir un message de Mlle Trang du service à la clientèle d’Amica Travel qui nous fait part de ses conseils pour les préparatifs de notre voyage.

Elle prend bien soins de nous informer que M. Quang, notre guide à Hanoi, sera présent à l’aéroport pour nous accueillir.

Toutes inquiétudes quant au sérieux de cette agence sont maintenant estompées.  Nous pouvons donc entreprendre ce dernier droit avec confiance.

Nous conservons toutefois toujours un plan «D»  («D» pour «Débrouille») au cas où les choses ne tourneraient pas aussi bien une fois sur place.


En fait, les préparatifs de notre voyage vont bon train :

-   les formalités d’acceptation préalable d’entrée au Vietnam sont déjà complétées (grâce à Amica Travel) ;

-   à la suite de notre passage à la clinique voyage nous sommes maintenant prêts à affronter typhoïde, hépatite, malaria et autre fléau de ce monde tropical et sub-tropical ;

-   même que, dans la perspective où la «fièvre acheteuse»  devrait faire des ravages,  nous avons réussi à libérer de l’espace dans nos valises en limitant au strict  minimum les effets à apporter ;

-  nos caméras n’en peuvent plus d’attendre.


Pour tuer le temps, nous poursuivons nos lectures afin d’en apprendre davantage sur les traditions des peuples et sur les lieux que nous allons visiter.

Mais comme disait Saint-Augustin : «Le monde est un livre, et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page.»

Et hop ! Que l’aventure commence …

samedi 2 avril 2011

Image de la Guerre du Vietnam

Pour les gens de notre génération, soit les baby boomers nés vers la fin des années 50, toute notre jeunesse et notre adolescence ont été baignées d’images de cette guerre sanglante entre le nord et le sud Vietnam.

Voilà déjà près de 40 ans, en 1972, alors âgé de 16 ans, je  me souviens surtout de l’image bouleversante de cette petite vietnamienne, les bras en croix, qui hurle de douleur après avoir été brûlée au napalm lors du bombardement de son village par l’aviation sud-vietnamienne.


Certains disent que cette image pourrait avoir  amené l’opinion américaine à prendre position contre la guerre et ainsi contribuée à changer le court de l’histoire.

La petite fille s’appelle Kim Phuc. Elle est alors âgé de 9 ans. Nick Ut, un photographe de l’Agence Associated Press, l’a photographiée le 8 juin 1972 fuyant le village de Trang-Bang, à 65 km au Nord-Ouest de Saïgon .

Nick Ut a transporté la fillette en urgence à l’hôpital de Cu Chi, à mi chemin entre Trang Bang et Saïgon. On considérait ses brûlures si sévères qu'elle n'aurait pas dû survivre sans une prise en charge immédiate. Après 17 interventions chirurgicales et 14 mois d’hospitalisation, les médecins ont réussi à la sauver.

La photo a valu le prix Pulitzer à Nick Ut. Cette image est devenue un symbole, à la fois de la lutte contre la guerre, et de la représentation de la souffrance.

Par la suite, Kim Phuc a servi d’emblème au régime communiste vietnamien. Elle a été envoyée à Cuba où elle a étudié l’anglais et l’espagnol. En 1992, elle y a épousé un compatriote étudiant du non de Bui Huy Toan. Au retour de leur voyage de noces à Moscou, elle profite d’une escale technique à Gander (Terre-Neuve) pour demander et obtenir l’asile politique au Canada. Kim vit aujourd'hui près de Toronto avec son mari et ses deux fils, Thomas et Stephen.

Considérée comme un témoignage vivant des horreurs de la guerre et symbole du pacifisme, elle a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté par l’UNESCO le 10 novembre 1997.  Kim Phuc a aujourd’hui une fondation qui soutient des projets venant en aide aux enfants victimes de la guerre. Vous pourrez en apprendre davantage sur sa vie et son œuvre  à l’adresse suivante : http://www.kimfoundation.com/

Sur l’expérience vécue le 8 juin 1972, Kim Phuc s’est confiée à Annick Cojean dans un bouleversant article du journal Le Monde publié le 19 août 1997. Voilà une partie de son témoignage :

"On dirait que ma peau brûle, qu'elle se détache, qu'elle part en lambeaux, comme mes vêtements calcinés, qui sont tombés d'eux-mêmes. Je me frotte le bras gauche, ça colle, c'est pire. Ma main droite est difforme. Je vais être affreuse ! Je ne serai plus jamais normale. Je ne vois que de la fumée. Il faut que je sorte du feu ! Je cours, je cours le plus vite possible. Mes pieds ne sont pas brûlés. J'ai de la chance. Plus vite. Il faut réussir à fuir.  Je crois que je dépasse le feu. La fumée s'éclaircit. Je distingue des silhouettes. Je ne suis plus toute seule. Il y a du bruit, des cris, des pleurs. Je cours encore plus vite. Tout le monde court d'ailleurs : les soldats, mon petit frère Phuoc, à droite, mes deux cousins, à gauche. Et puis Pam, mon grand frère, qui m'a vue, qui s'affole, qui crie : « Aidez ma soeur ! Aidez ma soeur ! ». Il a compris que je brûle. Et moi, je hurle : « Nong qua ! » (« trop chaud ! »)".

Lors de notre voyage nous irons visiter la région où ces évènements tragiques du 8 juin 1972 se sont déroulés. Nul doute qu’à cet instant nous aurons une pensée pour Kim Phuc et tous les enfants victimes de la guerre du Vietnam.

La guerre du Vietnam : Un peu d’histoire

Suite à l’échec de la France, à la bataille décisive de Diên Biên Phu, le 7 mai 1954, les accords de Genève divisèrent le pays en deux par une zone démilitarisée au niveau du 17e parallèle.

Les deux parties du Viêtnam connurent alors la mise en place de gouvernements idéologiquement opposés :

·  au nord, la République démocratique du Vietnam, régime communiste fondée par Hô Chi Minh en septembre 1945 ;

·  au sud, la République du Vietnam, régime nationaliste soutenu par les américains et plusieurs alliés, notamment la Corée du Sud et l'Australie.

La guerre du Vietnam débuta en 1959 à l'instigation du Nord-Vietnam sous la forme d'une guerre civile afin de réunifier tout le pays sous son régime et de le libérer d'une agression étrangère impérialiste.

Le Nord-Vietnam était soutenu matériellement par le bloc de l’Est (l’ex Union-Soviétique) et la Chine.

Les États-Unis inscrivaient ce conflit dans une logique de guerre froide. L’expansion du communisme devait être stoppée afin d’enpêcher un effet de domino en Asie du Sud-Est.

Après 15 ans de combats, l’intervention des États-Unis a pris fin en 1973 avec la signature des accords de paix de Paris.

Cette guerre est considérée comme la première défaite de l’histoire des États-Unis. Elle marqua toute une génération d’américains. Plus de 3,5 millions de jeunes américains furent envoyés au front entre 1965 et 1972.

Des millions de vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre du Vietnam. Par ailleurs, les effets sur l'environnement des agents chimiques, tels que l’agent orange qui était un défoliant très utilisé par les américains, ainsi que les problèmes sociaux causés par la dévastation du pays ont probablement contribué à réduire la durée de vie de beaucoup de survivants.  La contamination d'une partie de sols entraine encore aujourd'hui de graves problèmes de santé surtout dans les campagnes. En 1995, les autorités du pays ont estimé qu'un total d'un million de combattants et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre.

Les boat-people

Le Vietnam fut réunifié en juillet 1976 pour devenir la « République socialiste du Vietnam ». Saïgon fut renommée Hô Chi Minh en l'honneur posthume du père de la nation décédé en 1969.

Les premières années du pays réunifié ne furent pas faciles. De 1975 à 1982,  65 000 personnes furent exécutées et plus d'un million furent envoyées en « camps de rééducation » ou dans les « nouvelles zones économiques ». Leurs biens personnels (habitations, commerces, entreprises, terres...) furent confisqués pour une période plus ou moins longue.

Dans les années qui suivirent la réunification, plus d'un million de sud-vietnamiens fuirent le pays, d’abord l’élite de l’ancien régime de Saigon (principalement des  hommes politiques, des professeurs, des fonctionnaires et des commerçants), puis par la suite une émigration de masse beaucoup plus importante composée de petites gens fuyant les difficultés économiques d’un pays dévasté par la guerre depuis 1946.

C’est a compter de ce moment que l’on a commencé à utiliser le terme de boat-people. Les médias nous innondaient alors d’images de pauvres gens fuyant leur pays sur des embarcations, soit pour des raisons politiques ou économiques. Ces embarcations de fortune, souvent surchargées et sans sécurité, ont parfois fait de  nombreuses victimes pour causes de noyade, de famine ou de froid.



Une partie de ces boat-people a été accueillie par le Canada et plus particulièrement par le Québec. Le fait que plusieurs migrants avaient en commun avec nous la langue française fut sans doute un élément dans leur choix de s’installer au Québec.

Avant la chute de Saïgon, le Canada comptait 1 500 résidents d'origine vietnamienne, dont les trois quarts au Québec, surtout des étudiants et d'anciens étudiants avec leurs familles. La vague des boat-people, entre 1979 et 1982 amena au Canada  près de 95 000 personnes. Par la suite, 34 400 émigrés se sont ajoutés, principalement des personnes parrainées par des parents déjà établis au Canada.

jeudi 17 février 2011

Les sites du patrimoine mondial

Pour nous, la possibilité de visiter des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO est un élément déterminant dans le choix d’une destination voyage.

Ce fut le cas pour notre voyage en Espagne, à l’été 2010, qui nous a permis de découvrir la ville historique de Tolède, la vieille ville de Ségovie et son aqueduc, le monastère de l’Escurial, l’Alcazar de Séville, l’Alhambra et le Généralife de Grenade et le centre historique de Cordoue.

Lors de notre voyage en Égypte, à l’automne 2009, nous ne pouvions passer à côté de sites aussi incontournables que la zone des pyramides de Guizeh, les monuments de Nubie d’Abou Simbel et de Philae, la Thèbes antique et sa nécropole, la zone du monastère Sainte-Catherine au pied du mont Moïse et même du Caire historique.
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Tous les sites culturels ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité que nous avons eu la chance de visiter jusqu’à maintenant ce sont avérés des moments forts de nos voyages.

Nous croyons qu’il n’en sera pas autrement  pour notre prochain voyage en Asie du Sud-Est. C’est pourquoi la visite de ces sites occupe une place centrale dans notre itinéraire.

Avant de pouvoir les explorer et de vous faire part de nos impressions personnelles, en voici un petit aperçu.



Ensemble de monuments de Huê

Date d'inscription : 1993

Établie comme capitale du Vietnam unifié en 1802, la ville de Huê a été non seulement le centre politique mais aussi le centre culturel et religieux sous la dynastie Nguyên, jusqu'en 1945. La rivière des Parfums serpente à travers la cité-capitale, la cité impériale, la cité pourpre interdite et la cité intérieure, ajoutant la beauté de la nature à cette capitale féodale unique.


Baie d'Ha-Long

Date d'inscription : 1994

La baie d'Ha-Long, dans le golfe du Tonkin, compte environ 1 600 îles et îlots qui créent un paysage marin spectaculaire de piliers de calcaire. En raison du relief vertigineux, la plupart des îles sont inhabitées et non perturbées par l'homme. Les valeurs esthétiques exceptionnelles de ce site sont complétées par son grand intérêt biologique.


Sanctuaire de Mi-sön

Date d'inscription : 1999

Du IVe au XIIIe siècle, la côte du Viet Nam contemporain accueillait une culture unique, associée par ses racines spirituelles à l'hindouisme indien. Cette relation est illustrée par les vestiges d'une série d'impressionnantes tours-sanctuaires, au cœur d'un site remarquable qui fut pendant quasiment toute son existence la capitale religieuse et politique du royaume de Champâ.


Vieille ville de Hoi An

Date d'inscription : 1999

Hoi An constitue un exemple exceptionnellement bien préservé d'une cité qui fut un port marchand d'Asie du Sud-Est du XVe au XIXe siècle. Ses bâtiments et la disposition de ses rues reflètent les traditions autochtones aussi bien que les influences étrangères, qui ont donné naissance à ce vestige unique.


La cité impériale de Thang Long-Hanoi

Date d'inscription : 2010

La cité impériale de Thang Long, édifiée au XIe siècle par la dynastie Viêt des Ly, concrétise l'indépendance du Dai Viêt. Elle a été construite sur les vestiges d'une citadelle chinoise remontant au 7e siècle, dans les terrains drainés du delta du fleuve Rouge à Hanoï. Elle fut le lieu du pouvoir politique régional de manière continue pendant près de treize siècles. Les édifices de la cité impériale et les vestiges de la zone archéologique 18 Hoang Diêu expriment une culture originale du Sud-Est asiatique propre à la basse vallée du fleuve Rouge, à l'intersection des influences venues de la Chine, au nord, et de l'ancien royaume du Champa au sud.


Angkor

Date d'inscription : 1992

Angkor est l’un des principaux sites archéologiques de l’Asie du Sud-Est. S’étendant sur quelque 400 km2 couverts en partie par la forêt, le parc archéologique d’Angkor recèle les admirables vestiges des différentes capitales de l’Empire khmer qui rayonna entre le IXe et le XVe siècle : le célèbre temple d’Angkor Vat et, à Angkor Thom, le temple du Bayon orné d’innombrables sculptures. L’UNESCO a mis en œuvre un vaste programme de sauvegarde de ce site symbole et de son environnement.


Ville historique d’Ayutthaya


Date d'inscription : 1991

Fondée vers 1350, Ayutthaya devint la deuxième capitale siamoise après Sukhothaï. Elle fut détruite par les Birmans au XVIIIe siècle. Ses vestiges, caractérisés par les prangs, ou tours-reliquaires, et par des monastères aux proportions gigantesques, donnent une idée de sa splendeur passée.
 
 
Source (texte et photos) : http://whc.unesco.org/fr/list/


lundi 14 février 2011

Pouvoir relever le défi des baguettes

Dans beaucoup de pays asiatiques on utilise des baguettes.

Marie les manipule déjà avec beaucoup de dextérité, comme si elles étaient une extension de ses propres doigts.  Elle les manie tellement bien que j’en suis jaloux … 

Je parle ici évidemment de ces baguettes que l’on utilise pour manger.

Pour moi, quelle hantise ! J’ai l’impression que mes mains n’auront jamais ni la souplesse ni l’habilité nécessaire pour manier correctement ces deux minces cannes.

Avant notre départ, il me reste encore quelques semaines pour en apprendre tous les secrets  … sinon chaque repas là-bas sera un véritable supplice.

Saviez-vous que, quand on manie les baguettes, ont fait intervenir plus de 30 articulations et quelques 50 muscles des doigts, des paumes, des bras et des coudes. Ouf ! J’en ai des  crampes seulement qu’à y penser.  Il n’est pas surprenant que certains éprouvent autant de difficultés à les utiliser.  Quelqu’un a-t-il songé à implanter la pratique des baquettes dans un cours d’entraînement physique ? Vivement que je m’y inscrive !

Les baguettes sont pourtant utilisées depuis beaucoup plus longtemps que la fourchette. En fait, elles ont leur origine en Chine où elles auraient été en usage plus de 2000 ans avant notre ère, soit bien avant  que les fourchettes n’aient été inventées en Europe. Rappelons que l’usage de la fourchette n’apparait qu’à la fin du moyen âge en Europe. Même que, jusqu’à la fin du 18e siècle, l’usage des baguettes aurait été très restreint et limité seulement à la classe privilégiée.

En Chine, les baguettes auraient été fortement préconisées par le grand philosophe Confucius (551-479 avant J.-C.) principalement parce qu’elles inspirent la gentillesse et la bienveillance. En conséquence,  il était considéré malsain d’utiliser à table des instruments, comme le couteau et même la fourchette, qui pouvaient être assimilés à des armes.

La Chine toute entière était convertie aux baguettes dès la fin de la dynastie de Han (2e siècle après J.-C.). Leur usage allait par la suite se répandre à travers une grande partie de l’Asie : du Japon à la Corée et au Vietnam et  jusqu’en Malaisie et à Singapour.

Comment les Chinois ont-ils inventé les baguettes? On présume que dans la haute antiquité, lorsque les gens faisaient cuire leur nourriture, ils devaient casser une petite branche d’arbre ou de bambou en deux, et s’en servir pour prendre la nourriture chaude sans se faire brûler les mains.

Une autre question m’asticote : est-ce parce que les asiatiques mangent avec des baguettes que leurs aliments sont soigneusement découpés à l’avance ou bien est-ce l’inverse ? Il s’agit d’une question existentielle du même ordre que : l’œuf ou la poule ? Semble-t-il que personne ne peut encore trancher la question.

Il est cependant dit que se serait par souci d’économie de combustible et afin de cuire plus rapidement les aliments que la cuisine asiatique se présente généralement sous forme de petites portions découpées au préalable.  Ainsi, l’utilisation du couteau ou d’un instrument pour piquer les aliments pouvant s’apparenter à une fourchette ne serait pas nécessaire à table. Deux simples bouts de bois pour pincer tout doucement ces petites portions de nourriture peuvent parfaitement faire l’affaire.

Quoiqu’il en soit, l’invention des baguettes peut être qualifiée de révolutionnaire. Elle ne peut qu’avoir eu une influence déterminante sur le développement de la cuisine asiatique. Il en résulte des habitudes alimentaires et des façons de manger radicalement différentes des nôtres qui ne peuvent qu’ajouter au plaisir de la découverte des pays qui les utilisent.

Finis ces élucubrations, il faut  dès maintenant que je me mette à la tâche. Réussir à utiliser ces deux minces bâtons pour prendre des grains de riz et de petits morceaux de viande et  des légumes ne doit forcement pas être une tâche aussi difficile qu’il en paraît.  Il me faut absolument maîtriser cette technique millénaire et devenir aussi compétent et habile que les vietnamiens dans le maniement de ces instruments. Il en va de mon honneur. Mais surtout, ceci ne pourra qu’ajouter à la qualité de mon expérience gastronomique au Vietnam.

P.S. : Nous devrions avoir un petit répit durant notre séjour au Cambodge. Les baguettes n’y auraient guère la faveur. Les Cambodgiens mangent avec une cuillère, sans fourchette ni baguettes. Plusieurs paysans y mangent encore à l’indienne, avec leur main droite.

jeudi 3 février 2011

Comme hors d’œuvre : Hanoi et ses environs

Hanoi, la capitale du Vietnam, sera notre point d’arrivée. Notre premier rendez-vous avec l’Asie.  Nous y passerons un total de quatre jours, mais non consécutifs.  De Hanoi nous rayonnerons vers le nord, pour visiter les villages ethniques et les paysages de rizières en terrasses dans les alentours de Bac Ha et de Sapa, mais aussi plus à l’est vers la Baie d’Ha Long pour une croisière sur ce joyau du patrimoine naturel qui demeurera sans doute mémorable.

Hanoi a fêté son millénaire en 2010. Malheureusement, nous serons en peu en retard pour participer aux festivités.

La ville fut fondée il y a mille ans, en 1010 plus précisément par le fondateur de la dynastie des Ly (1010-1225), Ly Thai To. Il quitta alors Hoa Lu, l’ancienne capitale située plus à l’est dans la région de Ninh Binh, aussi appelé «baie d’Ha long terrestre», où nous aurons également le plaisir de séjourner. Le monarque avait déplacé la capitale en signe d'indépendance après mille ans de domination chinoise

Thang Long fut le nom original de la ville (eh ! eh ! n’est-ce-pas le nom d’un petit resto vietnamien que nous connaissons bien à Québec), ce qui signifie «le dragon qui s’élève».  Le nom de Hanoi ne lui fut donné qu’en 1832.

Le Temple de la littérature consacré à Confucius, construit en 1070, et la Pagode du Pilier unique sont des témoins des premiers temps de la dynastie Ly que nous ne manquerons pas de découvrir.

Récemment, en 2010, l'ancienne citadelle impériale de Thang Long a été reconnue au patrimoine culturel  mondial de l’Unesco  Les restes de la citadelle et des reliques des dynasties féodales  avaient été découverts huit ans plus tôt, lors des travaux d'excavation pour la construction du nouveau siège de l'Assemblée nationale. Les archéologues avaient retrouvé des milliers d'objets. Les travaux d'excavation ont mis au jour depuis des ruines vieilles de 1 300 ans datant de la dynastie chinoise des Tang.

L'Unesco a estimé que la citadelle avait été le centre du pouvoir politique régional pendant presque 13 siècles et que le site reflétait "une culture unique et spécifique de l'Asie du sud-est dans la vallée du bas Fleuve Rouge", au carrefour des influences de la Chine au nord et du Royaume Champa au sud.

Au-delà de son patrimoine ancien et de son architecture coloniale très bien conservée,  Hanoi nous attire surtout pour ses petites rues animées par les innombrables mobylettes et cyclo-pousses, pour la promenade matinale sur les rives du lac Hoan Kiem afin d’y observer la population qui s’active à se mettre en forme,  pour y déguster une délicieuse soupe Pho dans une des typiques gargotes de rue, pour la senteur des marchés d’épices et de fruits, pour y découvrir les créations des artisans du quartier des 36 guildes, etc.

Voici donc un programme chargé pour notre introduction à l’Asie du sud-est.